samedi 25 juin 2016

Ce que je pense du Brexit


Il s'en est passé des choses depuis mon dernier post, et non des moindres. Je pense bien évidemment au Brexit qui, depuis hier matin, alimente la quasi-totalité des conversations sur Facebook et semble plonger un grand nombre de mes ami-e-s dans une profonde angoisse. Personnellement, je n'en suis pas encore là. J'ai conscience, bien sûr, qu'il s'agit d'un coup de tonnerre, mais j'ose encore espérer que ça ne sera pas une si mauvaise chose. Oui, les Britanniques ont voté "Leave" à une très courte majorité pour de très mauvaises raisons qui avaient plus à voir avec la peur - la peur de l'autre, la peur de manquer, la peur de l'avenir - qu'avec le bon sens. Mais, soyons francs, si demain j'avais à répondre à la question : "Faut-il garder l'Europe ?", je serai extrêmement partagée. L'Europe est un idéal qui, sur le papier, me fait rêver. Je suis pour l'abolition des frontières, la monnaie unique et la collaboration entre les peuples. Mais déjà, rien que là, ça coince. Les Britanniques ne sont jamais passés à l'euro, et il semblerait qu'on ait bien du mal à se tendre la main - demandez aux Grecs. Quant à la tendre aux immigrants, n'y pensez même pas. Bref, entre les idéaux et la réalité, il y a un gouffre. Un gouffre que le cynisme politique est venu creuser encore un peu plus. Comme 90% des politiciens à l'heure actuelle, les dirigeants européens ne travaillent ni pour l'Union, ni pour ses pays membres, mais pour les grandes entreprises et la finance. La crise de 2008 était pourtant un signal d'alarme majeur prouvant que notre système économique ne fonctionne plus. Qu'a fait l'Europe ? Elle a élu à sa tête un adepte de l'évasion fiscale et imposé des politiques d'austérité qui ne comblent absolument pas la dette abyssale des pays concernés - mais, pendant ce temps-là, les 1% continuent de s'enrichir, merci pour eux. Cette Europe-là, je n'en veux pas. 

C'est pourquoi, même si encore une fois je déplore les vraies raisons qui ont poussé les Britanniques, et notamment les Anglais, à sortir de l'Europe (et je frémis en lisant leurs réactions au lendemain du vote), je ne peux m'empêcher de considérer tout cela avec beaucoup de curiosité et un certain optimisme. Je reste prudente parce que j'étais persuadée que Tsipras, en Grèce, réussirait à faire plier Juncker et Merkel, et je me suis trompée. Mais je me dis, à voir tous ces mouvements contestataires, quelle que soit leur origine, que nous sommes à l'aube de grands changements. Evidemment, ça peut basculer dans le bon sens comme dans le mauvais. Mais, pour répondre à certains de mes ami-e-s, Marine n'est pas encore présidente, Geert Wilders n'est pas encore premier ministre des Pays-Bas, et nous ne sommes pas encore en guerre les uns contre les autres. J'ajouterai même que le Royaume-Uni n'est pas encore sorti de l'Union et qu'il peut se passer bien des choses d'ici là. Juncker peut bien continuer à réagir avec son arrogance habituelle, m'est avis qu'il n'est pas au bout de ses surprises. A nous de continuer à court-circuiter les discours officiels - et les articles alarmistes et anxiogènes de certains médias qui ne savent vendre que du sensationnalisme - en faisant preuve de discernement et en privilégiant le dialogue. Parce que s'il y a une leçon à tirer de tout ça, c'est qu'il est urgent d'écouter les revendications des uns et des autres et d'expliquer, patiemment, pourquoi la tentation de l'extrême-droite n'a jamais été et ne sera jamais une solution. (Commençons par leur montrer comment les partisans du Brexit commencent déjà à revenir sur leurs promesses de campagne !)

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4 commentaires:

  1. C'est effarant quand meme! Biensur l'Europe est loin d'etre parfaite mais les raisons pour lesquelles le RU a decide de quitter l'UE sont folles. Je pense que ce sera une opportunite pour l'Europe de se reconstruire :)

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