vendredi 13 mai 2016

[Aujourd'hui je m'aime] La méditation et moi

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Après la mort de ma mère, quand j'ai commencé à m'intéresser à la psychologie positive, je me suis dit pendant des mois : "Oh, ça serait bien que tu médites." Pourtant, j'ai mis presque deux ans avant d'appuyer sur le bouton lecture de ma première méditation guidée. Je crois qu'au fond de moi, je savais très bien ce que ça impliquait. Et je n'étais pas prête. Méditer, c'est se retrouver face à soi-même. Dans le silence de son esprit, quand on arrive à faire taire les pensées, que reste-t-il ? Les émotions, à l'état pur. Sans raisonnement, sans interprétation, sans jugement. Juste la joie, la colère, la douleur, à vif. Sans filtre. Longtemps, je me suis sentie trop vulnérable pour les affronter, j'avais trop peur de m'écrouler. Et puis, le 1er septembre 2014 (je m'en souviens comme si c'était hier), je me suis lancée. Peut-être parce que le temps avait commencé à faire son oeuvre, peut-être parce que je me sentais plus sereine, ou plus forte. Toujours est-il qu'à mon grand étonnement, j'ai adoré ça et j'ai réussi sans trop de difficultés à en faire une pratique quotidienne. (J'avoue, le 1er mois, je me suis quand même pas mal forcée.) 

Les mois ont passé, et j'en suis venue à attendre avec une certaine impatience ce rendez-vous quotidien avec moi-même. Prendre de grandes respirations, fermer les yeux et avoir la sensation de "descendre" dans mon corps. (Pour quelqu'un qui vit essentiellement dans sa tête, je peux vous garantir que c'est une sensation bénie.) "Scanner" mon corps justement, faire un état des lieux sans s'attarder sur les petites douleurs - mais prendre conscience qu'elles sont bien là, au lieu de les ignorer purement et simplement. Puis me concentrer sur ma respiration et savourer le calme, le silence dans ma tête. Accueillir ce qui vient, les pensées récalcitrantes, les émotions. En prendre bonne note et me recentrer en revenant à ma respiration. Avoir l'impression d'être là et ailleurs en même temps, infiniment présente, infiniment consciente de ce qui m'entoure, mais aussi de ce qui se passe en moi. Et puis ce moment magique, en fin de séance, quand on me dit que je peux arrêter de me concentrer sur ma respiration et laisser mon esprit vagabonder. C'est magique parce que, deux fois sur trois, alors que le cerveau est libre de me bombarder de pensées, il ne se passe rien. Sans aucun effort conscient de ma part, je continue de baigner dans un silence mental des plus apaisants. Et puis rouvrir les yeux, et prendre une ou deux minutes pour prolonger cette sensation de détente avant de reprendre le cours de ma journée.

Ça paraît doux et paisible, comme ça, n'est-ce pas ?  Et ça l'est. Sauf qu'en me reconnectant à moi-même de cette manière, en apprenant à faire taire mes pensées, j'ai aussi appris à ressentir plus intensément mes émotions. Tout est plus fort, plus violent, les joies comme les peines, les éclats de rire comme les crises de larmes. La seule différence, c'est que j'accueille tout cela de la même manière, sans me demander pourquoi je ressens cela, sans tenter de m'accrocher aux émotions positives en réprimant les autres. 

Du moins, c'est ce que je faisais jusqu'à mon divorce. J'ai plus ou moins arrêté de méditer il y a quatre mois. Manque de temps, problème de concentration, je me suis trouvée tout un tas d'excuses pour ne pas voir qu'en fait je recommençais à fuir mes émotions. J'avais peur de faire face à ce nouveau deuil, je crois que je suis capable d'affronter beaucoup de choses, mais pas le chagrin. Et puis, à côté de ça, j'ai tellement de raisons d'être heureuse ! Sauf que la pensée positive, je ne cesse de le répéter, ce n'est pas pratiquer la politique de l'autruche. C'est voir le verre à moitié plein, certes, mais sans pour autant ignorer ce qui se passe du côté vide. Les petits bonheurs ont un goût d'autant plus précieux qu'il y a aussi des obstacles et des coups durs à surmonter. 

Alors je me reprends en main. J'aimerais ajouter "tout doucement", mais ça serait mentir. J'ai enchaîné les séances de méditation cette semaine (jusqu'à deux par jour), et c'est une grosse crise de larmes qui m'a poussée à écrire ce billet. Mais je connais le processus maintenant. J'accueille la tristesse, le poids sur le cœur et la nostalgie d'une époque révolue. Non pas que je souhaite revenir en arrière, je reste convaincue d'avoir pris la bonne décision. Mais pour aller de l'avant, il faut que je digère toutes ces émotions, aussi contradictoires soient-elles. Oui, je peux pleurer la fin de mon mariage tout en étant fière de la façon dont je mène ma barque depuis quatre mois et tout en étant heureuse d'avoir rencontré un homme formidable. Oui, c'est très bizarre de franchir une à une les étapes du deuil (j'en suis à la dépression, j'ai l'impression) en ayant déjà entamé un nouveau chapitre ultra-positif. Mais maintenant que j'ai arrêté de fuir et que j'ai recommencé à méditer - pour de bon cette fois ! - je sais que ça ne peut qu'aller mieux.

Aujourd'hui, je n'ai pas vraiment de conseil à vous offrir, juste ce témoignage. Mais je vous encourage à découvrir la méditation si vous ne la pratiquez pas déjà, car c'est vraiment quelque chose qui a changé ma vie. Vous pouvez utiliser des programmes en ligne comme Headspace (en anglais) et Petit Bambou (en français), je les ai testés tous les deux, et ils sont super. Si vous préférez un vrai contact humain plutôt qu'une application, sachez aussi qu'il existe de nombreuses séances de méditation en groupe un peu partout en France. Et si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser en commentaire, je suis à votre disposition !

Photo trouvée sur Pinterest

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4 commentaires:

  1. Mon mari la pratique, et j'avoue que je suis de plus en plus tentée !

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  2. Cécile de Brest13 mai, 2016 12:33

    Je suis assez tentée mais assez réticente aussi. Comme une appréhension...

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  3. J'ai fait les séances décoverte Petit Bambou, j'ai bien aimé... Et j'ai lâché. Il faut que je m'y remette, c'est vrai que àça fait du bien.

    En ce qui concerne le travail de deuil d'une relation en parallèle avec une nouvelle relation positive, c'est clair que ça bouscule sérieusement et que ce n'est pas évident. Mais la vie est ainsi faite que tu n'as pas toujours la possibilité d'appuyer sur pause pour terminer un truc avant d'en commencer un autre ;-).

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  4. Merci Isa d'aborder ce sujet qui est à la mode en ce moment mais qui, pourtant n'a de tendance que le nom. Je suis persuadée que c'est beaucoup plus qu'une passade sociétale. Je m'y suis mise il y a voilà quelques mois. Comme toi, au début, je devais me forcer un peu pour méditer au moins une fois par jour. J'ai pris des livres, écouté en guidance les séances. Puis j'y ai pris goût. Que dis-je ? C'est devenu un passage obligé dans ma journée. Une fois, deux fois... Puis, j'ai découvert en groupe et j'ai adoré ! C'est un réel RDV avec moi-même de 5 à 45 min par jour et franchement je n'arrêterai pour rien au monde. Ayant eu quelques soucis de santé en début d'année, ça m'a permis de mieux respirer, de voir le positif même si, pour le moment, je ne suis qu'une petite pousse...
    Je te suis depuis quelques temps et je ne peux que t'encourager de continuer.
    Les regrets, doutes permettent d'être atténués... au quotidien ! Bonne nouvelle pour tous les néo-méditants que nous sommes ! Elle est belle la vie comme dit ton chéri. Oui, il a raison ! Vive la méditation !

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