vendredi 20 novembre 2015

Aujourd'hui je VOUS aime

Ça fait plusieurs jours que je me demande comment revenir. Comment raconter l'inracontable. Les sirènes qui déchirent la nuit (et qui seront pour longtemps associées à ces événements dans ma mémoire). L'insouciance qui vole en éclats alors qu'on peut se demander comment on en avait encore après les attentats de janvier. Les larmes des amis parisiens qui découvrent peu à peu les noms de ceux qui ne reviendront pas. L'impression de parler directement au cœur des gens, et l'envie de leur prendre les mains ou de les serrer dans mes bras pour chasser l'angoisse dans leurs yeux. La fierté de voir les terrasses se remplir de nouveau malgré la peur. L'élan d'amour pour ce côté frondeur qui fait de nous ce que nous sommes : des râleurs, certes, mais surtout des gens qui ne plient pas et qui, toujours, se relèvent. Et puis le retour à la maison, presque à contrecœur, parce qu'on a traversé ça ensemble et que je n'ai pas envie de vous laisser affronter l'après tout seuls. 

Alors, bien sûr, on peut sortir tous les clichés habituels, et ils se vérifieront, comme toujours. La vie continue. Le temps fera son oeuvre. Etc, etc. Demain, il y aura des petits bonheurs, comme un pied-de-nez à la terreur qu'on voudrait nous imposer. Et puis il y aura du futile et du frivole, parce que ça fait du bien aussi. Et vendredi prochain, il y aura à nouveau du self-love, parce qu'on en a terriblement besoin. Je suis plus que jamais convaincue que, pour prendre soin des autres, il faut commencer par prendre soin de soi ; qu'on mesure la valeur de la vie quand on tient à la sienne et qu'on se réjouit du bonheur des autres quand on y a soi-même goûté. 

Mais en attendant de revenir à plus de légèreté, je tenais à vous dire que je vous aime et que vous êtes formidables. Je n'oublierai jamais l'opération #PorteOuverte, les taxis qui se sont mobilisés pour ramener les gens chez eux, les personnes qui ont afflué en masse pour donner leur sang et l'élan global de solidarité. Certains ont essayé de nous mettre à terre et essaieront encore. Mais, comme dirait le comédien John Oliver, good fucking chance with that ! Vous ne pourrez jamais nous enlever notre grande gueule et notre art de vivre.

Prenez soin de vous, les amis.




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7 commentaires:

  1. merci Isa pour ces mots justes. Cela me fait du bien de lire l'espoir. Pour ma part, depuis ce vendredi, j'ai toujours une angoisse, même si j'ai voulu retourner aux choses d'avant, quelque chose à changer. Je sortais à peine d'une période dure et j'avoue que tout cela n'a rien arrangé. Te lire me réchauffe. Merci

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  2. Il ne faut pas baisser les bras, faut être solidaires ! Et un jour, on connaîtra enfin la paix !

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  3. Merci pour cet article ! En effet, il y a quelque chose d'incroyablement "français" dans les réactions des gens, c'est frappant. C'est à la fois frivole et frondeur : un peu comme l'opération "#tousaubistrot" sur twitter ou les vannes sur Jawad. Alors oui, le bon goût, tout ça, tout ça... Personnellement, rire (même de blagues de mauvais goût) m'a fait du bien.

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