lundi 4 mai 2015

[Un mot pour le mois] Mai 2015


Oh purée ! (Oui, j'ai décidé de rester polie aujourd'hui.) Je devrais peut-être me montrer plus prudente dans le choix de mes mots, même si, en règle générale, ce sont eux qui s'imposent à moi. En avril, il était question de renaissance, et je ne pensais que ça se vérifierait à ce point-là ! J'aurais dû deviner pourtant que ça serait douloureux. (Une naissance, ce n'est jamais une partie de plaisir, pas vrai ? Eh bien, une renaissance non plus, visiblement !) En tout cas, je ne m'attendais pas à dire à mon mari : "Tu sais, si je descends dans le Sud, c'est pour toi. Alors si tu ne veux plus que je te rejoigne, c'est maintenant qu'il faut me le dire." Je nous croyais proches, vraiment proches. Invincibles, sûrement pas, on a déjà failli se séparer il y a 5 ans. Mais je pensais qu'on serait assez solide pour résister à cet éloignement temporaire. D'une certaine manière, on ne l'a pas été. On n'a pas su entendre que l'autre vivait mal cette solitude forcée. Petit à petit, les reproches se sont installés. "Tu as de la chance, tu as les enfants. Tu n'es pas vraiment seule." "Oui, mais c'est lourd à porter, de tout gérer. Et quand à 20h30, ils sont couchés, je me sens aussi seule dans la maison que toi dans ton appart." Plutôt que de chercher des solutions, on a serré les dents en se disant qu'il suffisait de tenir bon, encore un mois, et puis encore un autre. En même temps, quelle solution trouver, quand on paie déjà double loyer et que le fait de se voir, que ce soit en avion, en train ou en voiture, coûte un bras compte tenu de la distance ? Certes, il y a eu la parenthèse enchantée, ces quinze jours de février où on s'est retrouvé dans une maison de vacances sublime et où on s'est pris à rêver qu'on allait pouvoir s'en sortir sans trop de casse. Il y a eu l'anniversaire de Typhaine et la recherche de notre futur logement en mars. Il y a eu cette semaine en avril où nous avons commencé à préparer le déménagement. Mais, à chaque fois, il nous a fallu un peu plus de temps pour reprendre nos marques, comme si la distance avait creusé un fossé entre nous qu'il était de plus en plus difficile de combler.

Je crois pouvoir dire qu'on s'est rattrapé au vol, comme il y a 5 ans, et de la même manière : en mettant cartes sur table. En acceptant, avec un nœud au ventre, de dire toute sa vérité et d’écouter celle de l'autre. Pour qu'un couple fonctionne sur la durée, il n'y a pas trente-six solutions : il faut accepter l'autre tel qu'il est et non pas tel qu'on voudrait qu'il soit. Et il faut également connaître ses limites, cette part de nous qu'on n'est pas prêt à renier. C'est là où notre séparation nous a rendu service, quelque part. En nous retrouvant seuls avec nous-mêmes, ça nous a permis de redécouvrir des choses de nous qu'on avait négligées ou étouffées. On a trop longtemps privilégié notre couple et notre famille au détriment de nos intérêts personnels. Je ne me permettrai pas de parler ici au nom du sexy quadra, mais je peux vous dire que moi, j'ai des envies de week-ends en Europe avec des copines, de stages de reiki et pourquoi pas une retraite de quelques jours dans un temple bouddhiste, tiens ? Il y a plein de choses comme ça qu'on n'a cessé de remettre à plus tard, parce que le boulot, parce que les enfants, parce que le couple. Oui, mais la vie, c'est maintenant, et elle n'attend pas. Notre frustration grandissante en  est la preuve. Et ça serait dommage qu'on en arrive à divorcer juste pour pouvoir s'accorder la liberté dont on a besoin !  D'ailleurs, n'ai-je pas écrit, début avril, dans ce billet :

"J'ai la chance d'aimer et d'être aimée, mais cette relation ne doit pas nous aliéner, nous amoindrir ou nous étouffer. Je ne veux plus être dans le besoin ou dans le manque de l'homme qui partage ma vie. Je veux aimer dans la sérénité plutôt que dans l'angoisse. Je veux construire une relation où personne ne dépend de l'autre, où l'on s'apporte des choses sans rien s'enlever au passage. Du coup, cette épreuve, pour aussi difficile qu'elle soit, est une bénédiction. Elle m'oblige à revenir vers moi et à me redéfinir. Je ne suis pas la femme de, ou la maman de. Je suis un être humain à part entière avec des envies et des projets. Je ne me construis pas pour les autres, mais avant tout pour moi. Certes, j'aspire à donner ce que j'ai de meilleur pour en faire profiter ceux que j'aime, mais je le fais aussi et peut-être surtout pour me sentir en adéquation avec moi-même." 

Je n'imaginais pas à quel point ces mots étaient prémonitoires. Je ne mesurais pas à quel point cette renaissance que j'appelais de mes vœux allait être difficile. Je n'imaginais pas les nuits sans sommeil, la peur, les larmes. Je crois bien que je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable, mais ça n'est pas forcément une mauvaise chose. Je suis comme un nouveau-né, à la fois fragile et bien plus résistante que je ne le soupçonnais. 

Cela dit, avant d'entamer ma nouvelle vie, il me reste encore un mois à passer en Bretagne. Un mois qui sera pour moitié consacré au travail et pour moitié consacré aux cartons, évidemment. Du coup, vous me pardonnerez si je ne choisis pas cette fois-ci de mot ambitieux. En mai, j'aspire à retrouver la paix (et en plus ça rime). J'ai fait ce que j'avais à faire, dit les choses que j'avais à dire, pris les décisions que j'avais à prendre. Maintenant, je vais dormir, bosser et emballer (des cartons, hein). Ah oui, et puis je vais aussi m'offrir un massage et probablement une ou deux séances d'acupuncture, histoire de chouchouter mon corps et mon esprit que ce mois d'avril 2015 aura bien bousculés !

Illustration trouvée sur Pinterest.

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14 commentaires:

  1. Cécile de Brest04 mai, 2015 11:12

    Mince, je suis désolée de voir à quel point les choses ont été difficiles pour toi ces derniers temps.
    j'ai été habituée à la séparation avec mon mari et à tout gérer avec les enfants (et non, on ne peut pas dire que ce soit vraiment de la compagnie, enfin, pas celle dont on aurait besoin parce que justement ce sont nos seules épaules qui portent tout, du ménage aux courses, aux devoirs, aux maladies, au rendez-vous chez le médecin, aux coups de blues ou aux coups de colère des enfants bref...) et cela s'est toujours plutôt bien passé.
    J'espère de tout cœur que tout va mieux. Je t'embrasse.

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    1. Nous avons toujours été très fusionnels, et ça nous a souvent joué des tours, sans compter que ça ne nous a pas du tout préparé à vivre une telle expérience.
      Et j'adore mes enfants, mais j'ai toujours dit que j'avais besoin de m'épanouir aussi en dehors d'eux. Or, depuis 6 mois, ce n'est plus possible, et j'avoue que je suis à deux doigts de péter un câble.
      Mais je pense que ça va aller mieux maintenant
      Je t'embrasse aussi.

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  2. Chère Isa, je te souhaite de retrouver la paix même si je me doute que tu passeras par tellement de sentiments dans cette période difficile. Difficile parce qu'elle remet forcément en questions tout ce que tu/vous as/avez construit jusque là, elle remet en questions vos choix, tes choix de vie que tu avais pris jusque là. Il va falloir te retrouver, c'est bien, tu as déjà commencé inconsciemment à te retrouver. Il va falloir que tu reprennes d'autres repères. Et tout ça avec vos enfants qui sont désormais là aussi. La vie réserve de drôles de moments quelquefois, des choses qui arrivent alors qu'on ne les soupçonnait pas. Dernièrement, j'ai vécu un drôle de truc aussi, un drôle de truc qui m'a fait comprendre que rien n'était écrit, que tout pouvait basculer du jour au lendemain alors même qu'on ne s'y attendait pas. Je l'ai compris, je le savais déjà, mais je l'ai compris encore plus. Des bises et plein de réconfort pour toi, courage !

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    1. Merci Anne-Claire, je suis très touchée par ton commentaire. C'est vrai que la vie prend parfois un tour inattendu et que ça fait prendre conscience de pas mal de choses. J'espère que tout va bien pour toi et je t'embrasse !

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  3. Je ne m'étais pas rendue compte non plus combien ce mois a été difficile pour toi. Souvent on se cache, on n'ose pas en parler alors que cela pourrait aider. J'essaierai toujours d'être une oreille attentive si tu les souhaites.
    Mais après renaissance, qui est clairement tout un chamboulement mais toujours positif, vient paix, comme tu le dis. Et ce sentiment de paix est vraiment bénéfique (et je peux en témoigner). Parce que la paix vient après la guerre ou la tempête....
    Bon courage pour ce mois, pour les caisses et pour l'attente du déménagement.

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    1. Je sais que tu m'aurais prêté une oreille attentive si j'avais réussi à me confier. Je me suis justement rendue compte que je m'étais complètement repliée sur moi-même pendant cette période, j'essaie de ressortir de ma coquille !
      Merci pour tes encouragements <3

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  4. bonsoir,
    Ayant déjà vécu plus d'une séparation, je comprends. Cette renaissance bien après des douleurs, ce moment où l'on se sent plus forte. Tout cela nous fait grandir, on apprend de ses erreurs, mais pas que ...
    Bon courage.

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  5. Comme quoi, le matériel ne suffit pas... Je pense comprendre ce que tu ressens.
    On a commencé par une relation à distance pendant un an donc le retour a été idyllique et plein d’émotions, mais on s’est vite cherché des noises, alors qu’on ne vivait ensemble que la moitié de la semaine. Puis quand on a définitivement emménagé ensemble 7j/7, ça a été une nouvelle épreuve. Bref, chaque changement a apporté son lot de prises de tête.

    Sinon, je ne crois pas à la prémonition dans ce cas particulier : tu as sûrement dû sentir des choses, même si tu ne t’en es pas rendu compte de suite.
    Bref, quoi qu’il en soit, je vous souhaite une belle reconstruction et beaucoup de sérénité au bout de la route ! :)

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  6. vous vivez des choses difficiles tous les deux. et chacun de votre côté.
    la renaissance ne se fait pas toujours dans le calme et la sérénité.
    j'espère que ce mois de mai va pouvoir t'apporter la paix et la tranquillité d'esprit dont tu as bien besoin pour poursuivre ton chemin et celui de ta famille.

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  7. Isaaaa ! Je viens de lire ce billet et voilà, d'une part je tenais à dire que je suis désolée pour cette passe délicate que traverse ton couple, et d'autre part je voulais aussi te dire que malgré ces problèmes, je ne peux que te féliciter dans ta façon de faire évoluer ton raisonnement : tu commences vraiment à voir les choses plus positivement, comme si dans le "mal" tu pouvais en tirer du "bien". Bravo ! :D
    Je suis tout à fait en adéquation avec ce que tu disais dans ton paragraphe en italique, à propos du couple bienfaisant. Je viens de me dégotter un copain (un vrai, en chair et en os, et il a l'air de rester - je ne vais pas crier hurrah trop vite, hein) et on a eu une discussion déjà très animée sur nos envies de rester des personnes individuelles avant toute chose, afin d'éviter de nous confondre dans un "nous" trop dévastateur qui finirait par nous étouffer. J'ai appris à me construire en tant que fille qui voyage, qui s'expatrie, seule, célibataire et bien dans sa peau, qui danse, qui lit, qui rit... Je n'ai pas envie de perdre cette image-là et lui n'a pas envie de faire une croix sur sa vie non plus. Alors je suis d'accord : respectons-nous, nos choix, tout en pensant à l'autre, en se complétant.
    C'est plus beau comme ça, non ? Bisous !!

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    1. Oui, c'est plus beau comme ça et c'est très malin de votre part de poser ces bases-là dès le début, moi je rame pour y arriver au bout de 14 ans ! ^^ Je vous souhaite plein de belles choses à tous les deux <3

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