mercredi 10 décembre 2014

La parenthèse bretonne

Bretagne Pléneuf Val André Côtes d'Armor

L'autre soir, j'étais en train de ranger ma cuisine (activité peu glamour mais hélas nécessaire) en écoutant l'une de mes artistes préférées, Loreena McKennitt. Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, c'est une Canadienne spécialisée dans les musiques du monde, et notamment la musique celtique. C'est ma mère qui m'a fait découvrir cette artiste, et c'est justement à ma mère que j'ai pensé en entendant cette chanson qui était l'une de ses préférées :


Pendant la chanson, j'ai commencé à faire plus attention à ce qui m'entourait. J'ai regardé cette maison que je vais bientôt quitter et j'ai entendu la voix de ma mère dans ma tête. Je me suis rappelée qu'elle était contente qu'on vienne vivre en Bretagne. Je l'ai revue assise à table avec nous, dans cette pièce. Je me suis souvenue qu'elle adorait mes rideaux rouges, qui sont aussi le détail que je préfère dans mon salon/salle à manger/cuisine. J'ai repensé à tout ce que cette maison m'évoque d'elle. Je me suis souvenue d'une conversation en particulier. On était au téléphone et comme je fais toujours dix choses à la fois, j'étais en train de remplir ma machine à laver pendant qu'on discutait. Elle m'a raconté sa visite chez un nouveau médecin. Elle était pleine d'espoir. Quand elle m'a demandé de mes nouvelles, je lui ai dit qu'on venait de réserver des vacances en Irlande. Elle a trouvé ça vachement bien. Ça allait si mal entre nous à cette époque que je gardais précieusement chacun de ses compliments, chacune de ses approbations, dans un petit coin de ma tête et de mon cœur. 

Ils y sont toujours. Et ils y resteront. Pourtant, à cause de tous ces souvenirs, ça me fait mal de déménager. Il y a un peu de ma mère dans cette maison. Dans notre prochain logement, dans notre prochaine vie, les murs ne m'évoqueront rien. Il n'y aura pas de voix dans ma tête, pas de compliment qui résonne dans mon cœur, pas de souvenir, juste l'absence. 

La Bretagne ne fut pour nous qu'une parenthèse qui, j'en suis persuadée, était dédiée à ma mère. Je serai toujours infiniment reconnaissante à la vie de m'avoir amené dans cette région et de m'avoir permis de passer 14 mois si près de ma mère, dont les deux derniers à son chevet. Mais comme ça fait mal de devoir clore ce chapitre pour en commencer un autre sans elle ! J'ai l'impression de devoir lui dire adieu encore une fois. 

Il y a des parenthèses qui sont plus difficiles à refermer que d'autres...

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22 commentaires:

  1. Hélas comme je te comprends copine de moi...
    Mais sache qu'elle te suivra partout, où que tu ailles, et qu'elle te soufflera de nouvelles idées de décos et d'autres compliments dans votre nouvelle maison, de nouveaux souvenirs aussi, sans sa présence "physique" mais avec son aura, à travers les enfants, le sexy quadra et toi...
    et finalement, tu n'auras plus ces souvenirs tristes mais bien une poussée positive pour votre nouvelle vie :-)
    plein de bisous et de douces pensées...on est là

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    1. Je sais que vous êtes là les amis et je vois bien sur FB que c'est difficile pour toi aussi en ce moment... Je vous embrasse fort tous les trois !

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  2. Dans ta nouvelle maison, tu pourras écouter Loreena McKennitt et je suis certaine que tu te rappelleras les bons moments passés avec ta maman... C'est vrai qu'il est des parenthèses difficiles à clore... Je m'interroge beaucoup pour l'instant sur l'influence des objets et des lieux. Dans un ailleurs vierge de souvenirs douloureux, tu pourras peut-être les laisser derrière toi pour ne garder que les instants heureux...

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    1. Je pense aussi que les objets et les lieux ont une influence, c'est pour ça qu'il m'est difficile de quitter cette maison. Heureusement, je n'ai pas le choix, donc ça va se faire, je suis portée par l'envie de retrouver mon mari et réunir notre famille. Et on va influencer ou laisser notre empreinte dans d'autres lieux et sur d'autres objets, c'est un éternel recommencement je crois...

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  3. J'ai envie de te faire un gros câlin à la lecture de ton article ! C'est difficile de partir des fois ... C'est bateau et con ce que je vais dire, mais peut-être qu'elle aurait trouvé ça tout aussi chouette que tu déménages, donc il faut essayer de positiver ... Je suis aussi une fan de Loreena McKennitt, c'est fou le talent qu'elle a :) Bisous & courage Isa !!

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    1. Merci Louise, ça me touche beaucoup ! Je continue de faire ce que je fais depuis deux ans, je vais de l'avant, mais j'avais besoin de cette petite pause, de ce temps de réflexion.
      Et sinon je suis contente de parler à une autre fan de Loreena McKennitt :)
      Bisous <3

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  4. Cécile de Brest10 décembre, 2014 22:07

    Une amie m'a dit un jour qu'on en va jamais nulle part par hasard. Et je pense que c'est vrai depuis mon séjour en Guyane qui m'a littéralement transformée : avant, j'étais super introvertie, je n'allais jamais vers les gens. En Guyane, je me suis prise par la main en me disant que je n'allais pas pouvoir vivre comme une ermite pendant 2 ans et j'ai fait un effort surhumain pour moi, j'ai parlé à des inconnus. Qui ne le sont pas restés longtemps et de fil en aiguille, je me suis construit un réseau de connaissances que je conserve encore aujourd’hui, 4 ans après mon retour et même à des milliers de kilomètres. Et j'ai gardé cet état d'esprit aujourd'hui, je vais plus facilement vers les gens, j'en suis maintenant capable.

    Bref, tout ça pour dire que tu n'es sans doute pas venue en Bretagne par hasard non plus, que cela t'a permis de te créer des souvenirs avec ta maman, de passer les derniers mois avec elle et cela, même si tu quitte la région, rien ni personne ne pourra jamais te l'enlever.

    Je sais que c'est difficile, que les déménagements engendrent plein de choses, pas toujours positives. Mais c'est un cap à passer allez Isa, on est tous avec toi !
    Grosses bises

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    1. Je ne crois pas au hasard, en effet. Comme je le disais, pour moi, cette parenthèse bretonne a tout son sens, et le sentiment qui prend le dessus, c'est vraiment la gratitude. Si nous étions restés à Lille, je n'aurais pas pu accompagner ma mère pendant ses deux derniers mois de vie. Ces moments, bien que très difficiles, ont apaisé beaucoup de choses entre nous. Et tu as raison, rien ne pourra me l'enlever. Mais la transition est difficile et me rappelle que ma mère me manque terriblement.
      En tout cas, je te remercie, Cécile, j'apprécie énormément ton soutien.
      (Et pour en revenir à ce que tu disais au début, j'ai hâte de savoir ce que me réserve le Sud, pourquoi nos pas nous conduisent là-bas !)

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  5. Courage Isa ! ♥ Tu as eu la chance de pouvoir être auprès d'elle quand elle en avait besoin et aujourd'hui, c'est peut-être elle qui vous envoie un nouveau départ ... et tes rideaux rouges, ils vont peut-être retrouver leur place dans votre nouvelle maison !
    Je te fais de gros bisous ♥

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    1. Ah, je les emmène, c'est sûr, tout comme j'emmène le rideau violet qu'elle m'avait aidé à installer dans notre maison du Nord et qui n'a jamais trouvé sa place en Bretagne. Trouveront-ils leur place dans le Sud les uns et les autres ? Nous verrons bien !
      Merci d'être là <3

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  6. Aussi niais que cela soit : elle sera toujours "avec" toi.
    Mais c'est bizarre comme on associe les personnes aux lieux : j'ai appris le décès de mon grand-père pendant que je faisais mes études en Angleterre, donc pour moi, il est décédé en Angleterre.
    Bon courage à toi...

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    1. Oui, c'est assez surprenant parfois les raccourcis que fait notre cerveau. Merci en tout cas.+

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  7. Emporte précieusement tes rideaux rouges, peut-être pourras-tu les remettre dans ta nouvelle maison en les retaillant le cas échéant, et surtout fais des photos de ta maison et de ces rideaux. Et ne t'inquiète pas, d'autres paroles te reviendront et tu continueras à "l'entendre". Une maman est autant irremplaçable que son souvenir n'est ineffaçable. La mienne est toujours avec moi, dans mes pensées, mais il m'a fallu des années pour me sentir apaisée de la douleur de son départ. La lecture d'"Un souffle vers l'éternité" de Patricia Darré m'a beaucoup aidée mais on n'adhère ou pas. Je te fais plein de bisous.

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  8. Une fois où on s'était disputés très fort avec Chouchou il y a quelques mois, j'ai pensé que si on se séparait et que, plus tard, je me remettais en couple avec quelqu'un d'autre, cette personne ne pourrait jamais vraiment me comprendre, parce qu'elle n'aurait pas connu mon père et ma famille intacte, à l'époque où j'étais proche d'eux. Donc, en quelque sorte, Chouchou est devenu ma maison-témoin :-D

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    1. Je comprends tout à fait ce que tu ressens. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle, mais je me suis déjà dit que si j'avais un 3ème enfant, il ne connaîtrait pas sa grand-mère. Il lui manquerait tout un pan du vécu familial. Raison de plus (parmi tant d'autres) pour m'en tenir à deux !

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  9. Courage à toi. Tu sais, j'essaie de me dire qu'à chaque étape de la vie, ce qui va arriver saura être aussi bien, si ce n'est mieux, que tous les événements précédents. Les étapes d'une vie n'arrivent pas par hasard. Ta maman restera en toi mais je peux comprendre tout ce que cette maison représente. Dis-toi que ce n'est "que" matériel, que le vivant et spirituel reste en toi. Bises.

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    1. C'est ce que j'essaie de me dire, en effet. Merci Anne-Claire. Bises

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