jeudi 21 août 2014

Julia Glass - Refaire le monde

Pâtissière à Greenwich Village, Greenie se consacre tout entière à son jeune fils et à sa passion, la cuisine, mais n'arrive pas sortir son mari, Alan, de la dépression qu'il traverse. Elle peut cependant compter sur le soutien de son ami restaurateur, Walter, qui vient de vivre une rupture douloureuse. De passage à New York, le gouverneur du Nouveau-Mexique, conquis par le gâteau à la noix de coco de Greenie, lui propose de devenir chef cuisinier de sa résidence. Par ambition autant que par désespoir, elle accepte et part vers l'Ouest avec leur fils en abandonnant son mari. Leur vie va être bouleversée par ce départ précipité, qui provoquera une série d'événements échappant à tout contrôle.

J'aime bien lire des histoires de couple en crise. Le point de vue d'un auteur sur la relation à l'autre et son évolution m'intéresse énormément. Le couple va-t-il se séparer ou au contraire recoller les morceaux ? Généralement, c'est la question qui me tient en haleine pendant tout le livre. Avec Refaire le monde, ça n'a pas vraiment été le cas puisque, malgré ce qu'en dit le résumé, l'avenir du couple d'Alan et de Greenie n'est pas l'enjeu principal du roman. Je ne suis même pas sûre qu'il y en ait un, d'enjeu. Pour moi, Refaire le monde est une galerie de personnages dont on suit le parcours pendant presque deux ans.

J'aurais aimé d'ailleurs que le résumé reflète davantage le contenu du livre parce que j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. J'avais l'impression de ne pas avoir ce pourquoi je l'avais choisi. La construction même du roman me gênait, car il est découpé en longs chapitres où l'on suit à chaque fois le point de vue d'un personnage différent. Certains auteurs sont doués pour ça (Guy Gavriel Kay et GRR Martin, par exemple),  mais je ne suis pas sûre que Julia Glass maîtrise aussi bien le procédé. Ses chapitres manquent de liant. On passe parfois du coq à l'âne, un désordre qui reflète certes le chaos de nos pensées mais qui a rendu ma lecture plus difficile.

Et puis, parce que chaque portrait est tout de même très fouillé, la mayonnaise a fini par prendre, si j'ose dire. Je me suis vraiment attachée à certains personnages, dont Walter, le restaurateur gay, et Saga, la jeune femme qui aime les animaux et souffre d'un handicap mental suite à un grave accident. Du coup, j'ai lu la deuxième moitié du roman en quelques jours à peine. J'ai aimé la façon dont l'existence de chacun converge vers un événement que je n'ai absolument pas vu venir. Par contre, la fin n'est pas entièrement satisfaisante, de mon point de vue. Ce n'est pas celle que j'aurais choisie mais, en même temps, au vu du caractère des personnages, elle se tient. 

Pour moi, Refaire le monde n'est donc pas une totale réussite. Parfois indigeste, parfois passionnant, il souffre d'un manque de rythme et de fluidité. Mais il nous offre tout de même de beaux portraits et de belles tranches de vie, de quoi me donner envie de lire d'autres romans de son auteure.


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4 commentaires:

  1. Je ne connais pas du tout cet auteure, je vais la découvrir grâce à toi ,j'aime bien les analyses humaines dans les romans. Comme tu es mitigée sur celui ci j'irai d'abord en lire un extrait chez mon libraire avant de me le procurer ou alors regarder d'autres titres. Merci pour la découverte. bises

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    1. Je serai ravie de connaître ton opinion sur ce livre ou sur un autre roman de cette auteure. Bisous :)

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  2. J'ai eu exactement le même sentiment que toi en le lisant, et mon avis est donc plutôt mitigé...

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    1. Oui, je me souviens que ta chronique m'avait fait un peu peur :)

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