lundi 12 mai 2014

John Green - Nos étoiles contraires

Hazel, 16 ans, est atteinte d'un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l'évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C'est là qu'elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d'Hazel, qui a peur de s'impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d'amour commence... les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Comment faire pour vivre lorsque vous êtes reliée toute la journée à un respirateur et que vous vous savez condamnée ? Hazel pensait bien avoir trouvé une solution (dormir beaucoup et s'enfiler de multiples rediffusions de Top Model USA), mais sa mère lui refuse le luxe de la dépression et l'oblige à assister aux réunions d'un groupe de soutien. C'est là qu'elle rencontre Augustus, qui a survécu à un ostéosarcome mais qui a perdu une jambe dans la bataille. Gus fait preuve d'un formidable appétit de vivre (il faut dire que lui est en rémission) et s'intéresse énormément à Hazel. Mais elle a peur de le faire souffrir...

J'ai beaucoup aimé ce roman qui, malgré un sujet ô combien délicat, ne tombe jamais dans le pathos. Bien qu'essoufflée par la maladie, Hazel nous raconte son histoire d'une voix forte et claire et ne nous autorise jamais à nous apitoyer sur son sort. On rit avec elle, on souffre avec elle, on aime avec elle, et on ressort de là en ayant l'impression d'avoir pris une leçon de vie, qui tiendrait en quelques mots : mourir peut-être, puisqu'il le faut, mais en attendant, vivons, et vivons bien. (N'est-ce pas là un message qui peut s'appliquer à nous tous ?)

Là où le livre m'a profondément bouleversée, c'est dans cette façon qu'il a de nous montrer ces jeunes cancéreux comme des personnes et non comme des malades. Trop souvent, les gens autour d'eux ont tendance à les réduire à leur maladie. Ils oublient qu'avant d'être mourants, ils sont surtout vivants, et que la personne qu'ils étaient avant que le diagnostic tombe est toujours là. Le malade lui-même parfois a bien du mal à ne pas se perdre de vue, comme le dit si justement Gus :
"Ne me dis pas que tu fais partie de ces gens qui deviennent leur maladie. J'en connais plein. C'est la grande spécialité du cancer d'engloutir les gens. Mais je suis sûr que tu ne l'as pas déjà laissé te faire ça."

Vous l'aurez compris, Nos étoiles contraires n'est pas une lecture facile, malgré la fluidité de son style, mais je vous le recommande vivement. Je crois pouvoir dire que cela a durablement changé mon regard sur la maladie et ceux qui en souffrent. Il ne faut pas avoir peur de la dureté du sujet et ne pas hésiter à le mettre entre les mains des adolescents auxquels il est destiné, car c'est le genre de livre dont on ressort grandi. 
Il est à signaler qu'un film adapté de ce merveilleux roman sortira le 20 août au cinéma. Si j'en crois la bande-annonce, il devrait être très fidèle au livre.


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6 commentaires:

  1. Aaaah John Green ! ♥

    (non, je n'ai rien de constructif à ajouter :D)

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  2. Un petit merci pour ce roman qui me fait de l'oeil maintenant .... me reste juste à retrouver le temps de me poser pour lire !

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  3. Je n'en entends que du bien, mais.... franchement, j'ai la trouille de me flinguer le moral en lisant ça :)

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    1. Effectivement, je ne suis pas sûre que ce soit le livre à lire quand on vient juste d'avoir un bébé. Il vaut peut-être mieux attendre un peu !

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  4. J'ai adoré ce livre et cette façon d'aborder la maladie. Les malades sont des personnes. John Green est un excellent écrivain.

    Bonne journée,
    Leslie
    http://catchmeifyoucanboy.blogspot.fr/

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