jeudi 19 décembre 2013

Doctor Who : The Day of the Doctor

Magique. Il n'y a pas d'autre mot pour définir cet épisode spécial. Ou plutôt si, il y en a un deuxième, en fait : émouvant. Magique parce que c'est, pendant une heure, un festival des meilleurs atouts de la série : l'humour, le côté loufoque et un peu kitsch aussi, parfois, et cette légèreté qui est la bienvenue face à la responsabilité de cet homme, ce voyageur du Temps qui tient entre ses mains la destinée de millions de vie. Sa solitude nous prend à la gorge et son nécessaire sacrifice nous broie le cœur... Mais l'émotion n'est pas seulement là, elle se trouve aussi dans les multiples références au passé de la série qui parsèment astucieusement cet épisode-anniversaire. L'image-titre de la toute première saison en 1963, l'écharpe bigarrée du quatrième Docteur, les méchants Zygons qu'on n'avait plus vus depuis 1976 et ainsi de suite jusqu'à l'ultime surprise à la toute fin de l'épisode, qui a ravi les fans de la première heure et qui m'a enchantée moi aussi même si je n'ai jamais vu cet acteur à l'oeuvre...

C'est, je crois, le meilleur épisode depuis que Steven Moffat a repris les rênes de la série en 2009. J'y ai retrouvé tout ce qui faisait que, du temps où Russell T. Davies était le showrunner et Moffat l'un des nombreux scénaristes, notre cœur battait un peu plus fort en voyant son nom au générique. A l'époque, on savait qu'un épisode écrit par Moffat était un gage de réussite. C'est lui qui, avec son double épisode "The Empty Child/The Doctor Dances", a fait en sorte que je tombe amoureuse de la série. Puis il y a eu "The Girl in the Fireplace", "Blink" et "Silence in the Library/"Forest of the Dead", un autre double épisode qui reste, à ce jour, mon préféré de tous les temps. (Oh, River...) Certes, il y a eu du bon après, et notamment "A Good Man Goes To War". Mais je trouve qu'à trop vouloir nous en mettre plein la vue, il peine à retrouver la profondeur et l'émotion des épisodes cités plus hauts. De la poudre aux yeux, voilà comment je qualifie ses écrits ces derniers temps.

[Attention spoilers]

Mais avec "The Day of the Doctor", il rassemble habilement les fils épars de la série pour tisser une histoire des plus cohérentes. On l'a vu dans le mini-épisode "The Night of the Doctor", le huitième Docteur (Paul McGann) se régénère en un "War Doctor" (John Hurt) qui va commettre l'impensable : détruire Gallifrey, sa planète natale, et tous les siens pour mettre fin à la guerre du Temps entre Seigneurs du Temps et Daleks. Fort logiquement, l'épisode-anniversaire fait donc le lien entre la première série (de 1963 à 1996) et le reboot (à partir de 2005) où l'on découvre un neuvième Docteur (Christopher Eccleston), unique survivant de sa race et complètement traumatisé par des événements que jusqu'ici l'on n'avait jamais vu : la chute de Gallifrey, donc.


J'avais raison sur ce point, mais mes espoirs ont été déçus : pas d'apparition surprise d'Eccleston. Tout juste voit-on John Hurt commencer à se régénérer. Mais même si cela m'aurait fait bien plaisir, ce n'est pas très important, au final. L'important, ce sont les rencontres que le War Doctor va faire avant de prendre la décision de détruire Gallifrey. L'artefact qu'il compte utiliser prend vie sous ses yeux et prend l'apparence de Rose, qui fut pendant deux saisons la compagne du neuvième puis du dixième Docteur. Le twist est habile, là aussi. Il nous permet de retrouver une actrice pour laquelle on a énormément de sympathie sans pour autant ramener un personnage dont la trajectoire a été bouclée et sur lequel il n'y avait effectivement, à mon avis, plus rien à dire. L'artefact envoie le War Doctor à la rencontre de deux de ses futures incarnations, le dixième Docteur (David Tennant) et le onzième (Matt Smith). Quelle joie, quel bonheur de retrouver Tennant qui enfile à nouveau les habits du personnage comme s'il les avait quittés la veille ! Mais surtout quelle belle complicité entre les trois acteurs, conscients d'être les différentes facettes d'un même personnage. Ensemble, trouveront-ils une solution autre que la destruction ?


J'ai ri, j'ai vibré, j'ai été émue aux larmes. Oh, ce moment où Clara scrute les yeux du War Doctor et lui dit qu'elle sait qu'il n'a pas encore détruit Gallifrey parce que son regard est bien plus jeune que celui du Docteur... Oh, la fin avec cette apparition surprise qui donne à penser que, peut-être, on nous montre là comment le Docteur choisira de finir sa vie, un jour... Et cette apparition fugace de Peter Capaldi, le prochain Docteur ? C'est très malin, vivement l'épisode de Noël et la prochaine saison !

Vous l'aurez compris, j'ai adoré "The Day of the Doctor" ! Et même si ça n'est qu'un détail, le fait que nous puissions, dans le monde entier, regarder les aventures du Docteur tous ensemble au même moment a contribué à la magie de cet épisode.

Cher Steven, on recommence quand tu veux. 
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