mardi 30 juillet 2013

Guy Gavriel Kay - Le dernier rayon du soleil

Quelque part au nord, dans des contrées sauvages au climat extrême, trois civilisations sont parvenues à un tournant de leur histoire. A bord de leurs vaisseaux-dragons, les Erlings mènent des raids sanguinaires contre les Anglcyns, contraints de s'allier avec leurs ennemis de toujours, les Cyngaëls, pour repousser les envahisseurs. Mais le vent du changement souffle sur ces terres hostiles où rien ne pousse. Thorkell le Rouge, Aëldred et Alun, les chefs de ces trois peuples que tout oppose, vont bientôt réaliser que leur survie dépend les uns des autres, tant leurs destins sont désormais étroitement liés. Malgré la présence bienveillante des fées de l'entremonde, est-on arrivé au dernier rayon du soleil ?

J'ai déjà eu l'occasion de le clamer haut et fort, Guy Gavriel Kay est mon auteur préféré. Il n'y a pas un de ses romans qui ne m'ait pas touchée ; tous m'ont livré au moins une, sinon plusieurs scènes marquantes, de celles qui vous restent en mémoire bien longtemps après que vous ayez refermé le livre. De ce point de vue, Le dernier rayon du soleil n'échappe pas à la règle et j'en ressors avec de nouvelles images émouvantes plein la tête. Mais j'y retrouve les défauts qui marquaient déjà La Mosaïque de Sarance, son diptyque précédent. Les héros de cette histoire, ce ne sont pas les personnages, ce sont les lieux et l'époque que Kay a choisis d'illustrer. Alors, certes, c'est une magnifique peinture des pays celtes et nordiques vers le 9ème siècle. Mais l'histoire qu'il a choisie de raconter n'a, en soi, que bien peu d'importance, et les personnages aussi. Du coup, je suis restée en retrait face au tableau plutôt que de m'immerger dedans. 

Bien sûr, Kay reste un virtuose et parvient à rassembler les fils épars de son intrigue avec une maestria impressionnante. Evidemment, il nous livre encore des moments poignants à vous faire monter les larmes aux yeux. Et il arrive encore à me surprendre en dressant, en quelques pages, quelques lignes parfois, des portraits d'hommes et de femmes d'une précision et d'une justesse incroyables. Mais ce ne sont là que des instants fugaces, des ombres qui traversent le récit en le faisant à peine progresser, et c'est bien dommage. En réalité, ce roman souffre à mes yeux d'être trop court. Il aurait dû se décliner peut-être en deux ou trois tomes pour prendre davantage le temps d'installer certains personnages, comme le prêtre érudit qui lutte face aux dogmes qui sont en train de s'installer, ou l'ancien héros de guerre devenu fermier, ou encore, et peut-être surtout, les figures féminines qui ne font que traverser le livre alors que l'on sait Kay capable de si bien les écrire. 

C'est donc avec une certaine frustration que j'ai refermé ce roman. Je ne peux pas écrire que je ne vous le recommande pas, car il vaut tout de même la peine d'être lu et reste empreint de toute la poésie et de toute la sensibilité dont l'auteur est capable. Mais je me suis ennuyée par moments et, plusieurs semaines après avoir fini ma lecture, je reste sur ma dernière impression : il lui manque un petit supplément d'âme pour en faire un grand livre.

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7 commentaires:

  1. J'avais lu Tigane de cet auteur et j'avais adoré! Mais comme toi quand j'ai voulu lire celui-ci j'ai été très déçue, je n'ai même pas réussi à le finir (ce qui est très rare chez moi....)!

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    1. Je te comprends ! C'est la première fois que je repose un Kay et que je lis un autre livre avant de le terminer. D'habitude je lis ses romans d'une traite mais là je n'ai pas pu !

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  2. Je ne connais pas cet auteur
    Bisous
    Valentine

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  3. Gloups, quel dommage pour l'auteur, ce petit raté.
    Je pense tout de même le tester à l'occasion car le cadre m'intéresse. Mais effectivement, si les persos sont interchangeables, ça va être dur - pour moi, du moins.
    Tu l'as lu en VF ? Je radote mais je trouve sa traductrice, Elisabeth Vonarburg, formidable et même, qu'elle transcende son style à lui. Tigana m'avait prodigieusement gonflée (mais je me suis acharnée pour le finir !!) alors que Les lions d'Al-Rassan, miam !

    Merci en tout cas, au moins, on est prévenus !

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    1. J'ai un peu les boules parce que son roman suivant, Ysabel, n'est pas très bon non plus et manque carrément de profondeur. Il faut d'ailleurs que j'essaie de vous le chroniquer, même si je l'ai lu il y a deux ans. Après, il paraît que le tout dernier est génial, donc je m'y plongerai avec délice (mais en ayant un peu peur quand même).

      Je lis tous les Kay en VO, à l'exception d'Arbonne, qui était très bien en VF. Oui, Elisabeth Vonarburg fait du bon boulot. Cela dit, perso, j'avais adoré Tigane. Quelle claque, notamment le personnage de Dianora, et la fin, avec le fou... Mais mon préféré reste Al-Rassan, of course ;-)

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  4. ça me fait penser au jeu Age of Empire auquel je jouais.
    C'est typiquement mon type de livre

    New post - Kisses
    http://www.mademoisellemode.com/

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  5. Dommage que ce livre se soit révélé décevant, je le découvrirais bien cependant. Je viens d'entamer pour ma part le nouveau Dan Brown : Inferno, j'espère qu'il sera à la hauteur de mes espérances :)

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