lundi 1 octobre 2012

Kushiel (tome 1 : La Marque), de Jacqueline Carey

Vendue alors qu’elle n’était qu’une enfant, Phèdre nó Delaunay est devenue la propriété d’un noble qui a su reconnaître la marque rouge ornant son œil – le signe de Kushiel qui lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Un don unique et cruel faisant d’elle la plus convoitée des courtisanes et une espionne exceptionnelle.
Lorsqu’elle découvre le complot qui pèse sur sa patrie, Phèdre n’a d’autre choix que de passer à l’action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’épreuves, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.
Récit plein de grandeur, de sacrifice, de trahisons et de conspirations machiavéliques, La Marque dévoile un monde de poètes vénéneux, de courtisans assassins, de monarques assiégés, de seigneurs de guerre barbares… vu par les yeux d’une héroïne comme vous n’en avez jamais rencontré et que vous n’oublierez jamais.
 
Je peux vous assurer que ce roman tient toutes les promesses de la quatrième de couverture et même au-delà. Pour moi, sa réussite tient en plusieurs points :
- son univers foisonnant : c'est l'un de mes univers de Fantasy préférés, tout simplement parce que Jacqueline Carey s'est inspirée de notre propre monde, à la manière d'un Guy Gavriel Kay. Il est très facile de s'y repérer, mais le décalage nous assure en même temps un vrai dépaysement. Les époques se bousculent et se mélangent pour notre plus grand plaisir, puisque si Terre d'Ange (la France) semble vivre le plein essor de la Renaissance, Alba (les îles britanniques) en est encore au temps des tribus celtes et il y a encore des pharaons au Menekhet (l'Egypte). Chaque tome nous entraîne à la découverte d'un lieu et d'une civilisation, ce qui rend la lecture vraiment passionnante.

- des personnages forts : il ne suffit pas d'un beau décor pour faire un bon roman, encore faut-il le peupler de personnages intéressants. Phèdre est de ces héroïnes qui ne peuvent laisser indifférents. On commence par plaindre l'enfant qu'on découvre dans les premières pages, mais on finit par suivre, captivés, les aventures de la jeune fille puis de la femme, forte, intrépide, généreuse, qui n'hésite pas à donner de sa personne pour sauver son pays et ceux qu'elle aime. Autour d'elle, une galerie de seconds rôles tout aussi éblouissants, Delaunay,  le poète espion, Hyacinthe, le tsingano au terrible destin, Joscelin le moine guerrier... et bien d'autres encore. Certains sont plus attachants que d'autres mais tous, amis ou ennemis, contribuent à la richesse de l'intrigue.

- une intrigue captivante : bien que La Marque soit un pavé, je l'ai dévoré, tout comme ses suites, car ils font partie de ces livres où les pages défilent toutes seules. Cela tient d'une part à la fluidité de l'écriture (et à la superbe traduction de mon collègue Frédéric le Berre que je salue au passage), mais surtout à une intrigue développée sous forme de quête et menée tambour battant. Dans le premier tome, notamment, les péripéties s'enchaînent sans le moindre temps mort et le récit nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.

- sa spécificité : La Marque  n'est pas forcément un roman à mettre entre toutes les mains car il est teinté d'un érotisme particulier. Comme l'indique le résumé, c'est dans la souffrance que Phèdre trouve le plaisir, ce qui donne lieu à une véritable plongée dans l'univers des fouets, des liens et autres tortures amoureuses. Ce n'est franchement pas ma tasse de thé, mais ça m'a permis de découvrir un monde régi par des règles bien précises que je n'imaginais même pas. La psychologie des personnages étant très fouillée, je suis arrivée à les comprendre, et ça les rend plus intéressants encore. Mais je dois avouer qu'il faut parfois avoir le coeur bien accroché.

J'ai vu ça et là des lecteurs comparer Phèdre à Angélique, la flamboyante marquise des Anges qui occupait nos écrans tous les étés quand j'étais petite. On pourrait objecter qu'à côté de Kushiel, la série des Angélique a des allures de bluette sentimentale, et pourtant je trouve que la comparaison n'est pas totalement déméritée, que ce soit pour la beauté des deux héroïnes, la flamboyance des décors et des costumes ou les nombreuses intrigues qui parsèment les deux sagas. Si vous aimez le côté lumineux d'Angélique et que vous ne craignez pas de découvrir le côté sombre de Phèdre, vous aimerez La Marque.

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12 commentaires:

  1. J'ai dévoré le tome 1, puis aussi le 2 malgré un côté très répétitif par rapport au 1er, je me suis réjouie de voir que le 3 semblait très différent et... pourtant, je me suis arrêtée à la fin du premier tiers il y a un an et de mi, et je n'ai jamais eu envie de le reprendre. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, car effectivement l'univers est génial et la traduction de Fred excellente. Au bout d'un moment, j'ai juste saturé. Je le regrette, car il parapit que la trilogie suivante, celle d'Imriel, est encore meilleure.

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    1. A l'endroit où tu t'es arrêtée, j'ai lu toute une nuit parce qu'il m'était impossible de laisser Phèdre dans cet horrible endroit. Il est vrai que la deuxième moitié du tome 3 n'est pas la plus passionnante, elle est très lente, mais j'ai bien aimé quand même parce qu'on voit comment nos héros essaient de se reconstruire après cette épreuve.
      Je parlerai très prochainement de la 2e trilogie, puisque je l'ai finie (dévorée) pendant les vacances. je ne dirais pas qu'elle est meilleure, je crois que je préfère les aventures de Phèdre à celles d'Imriel. Mais je me suis attachée aux nouveaux personnages et il y a de très, très bons passages. Après, si tu as envie de lire Imriel, je peux te résumer la fin du 3, elle tient en une ligne :)

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  2. Voilà un esérie qui m'attire vraiment terriblement, j'en entends tellement de louanges ! Pourtant, systématiquement, l'épaisseur du bouquin me rebute un peu... Il est fort probable que je me rabatte sur un ebook, mais il me manquera la carte...

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    1. Tu soulèves une question très intéressante, je viens de la poser à l'un de mes contacts chez Bragelonne. Je sais qu'on a au moins la couverture des livres en e-books, mais je ne sais pas ce qu'il en est des cartes. Je te tiens au courant !

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  3. Mais il n'est pas dispo on dirait ... Ca me tente bien !

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    1. Quelle quiche je fais ! Je ne mets plus de lien Amazon dans mes critiques, merci de me le faire remarquer !
      Il est épuisé sur Amazon mais apparemment encore dispo en version brochée chez Chapitre ou la Fnac.
      Sinon, tu veux savoir le gag ? J'avais la version reliée, je l'ai prêtée... et je l'ai jamais revue :(

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  4. Comme d'hab', à chaque fois que tu parles de livres, j'ai envie de les lire !

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    1. Chouette, je vais continuer alors :)

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  5. Bonjour Isa, je découvre ton blog, et ta chronique sur Kushiel ! je suis moi même en pleine lecture en plein milieu du tome 1, et j'aime beaucoup, il n'en reste pas moins que cette première partie a été parfois fastidieuse car l'implantation des familles, leurs relations entre elles, leurs coutumes, les courtisans... Bref, tout ça, fait qu'il faut s'accrocher un peu, on m'assure que dans la deuxième partie, l'action décolle... Si j'en crois ton billet, je ne devrais pas tarder à être dans le coeur de l'action...

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    1. Bonjour Licorne, et bienvenue :) J'avais adoré la première partie parce que j'étais émerveillée par le décor, mais je me rappelle avoir eu le sentiment d'être un peu perdue parfois avec tous ces noms. Tu verras, après, les familles d'angelines n'auront plus de secret pour toi et ça ira beaucoup mieux ! ^^ Et oui, la suite ne manque pas d'action ! Bonne fin de lecture :)

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  6. Comme une envie de dévorer ce bouquin!!!!!!!!!!!!!Des bisous

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    1. Tu ne le regretteras pas ! Bisous :)

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