lundi 2 juillet 2012

Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres

Mais... mais enfin ? Voyons, Robert ! (Tu permets que je t'appelle Robert, n'est-ce pas ? Non, parce que visionner Iron Man 2 et Sherlock Holmes 2 à une semaine d'intervalle, ça crée des liens, tu penses bien.) Donc, Robert, j'aimerais bien te poser une question : qu'es-tu allé faire dans une galère pareille ? Parce que ce Sherlock Holmes est très mauvais et que, soyons francs, tu n'y joues pas très bien. Oui, oui, je sais, j'avais promis avant de regarder de ne pas comparer ce qui n'est pas comparable : un film avec une série télé, un scénariste hollywoodien avec Stephen Moffat, un excellent acteur anglais contre un excellent acteur américain... Mais je n'ai cessé malgré moi de penser à Sherlock, pas vraiment aidée en cela par une musique assez proche de celle de l'illustre série de la BBC. Et, il faut bien le reconnaître, la comparaison n'est pas en ta faveur. Déjà, parlons de cet accent qui (me) fâche. Tu ne peux pas jouer un des grands héros anglais, Robert, et l'affubler d'un accent bâtard, pas vraiment british, pas vraiment américain non plus. Tu me diras, Kevin Costner n'a sans doute pas joué Robin des Bois, prince des voleurs avec l'accent d'Oxford, mais figure-toi que ce film-là, je l'ai vu et revu en français, alors ça ne m'a pas gêné. Et tu sais ce qu'on dit : pas vu, pas pris !

Or, donc, si cet accent m'a gênée, ce n'est pas tant que je sois snob (enfin, si, peut-être un peu, mais que veux-tu, entre Watson-Jude Law et Mycroft-Stephen Fry, tu fais vraiment l'américain de service parachuté là pour jouer les têtes d'affiche.) Non, c'est surtout parce qu'il est à l'image de ta performance : en demi-teinte. Et, tu sais quoi, je ne t'ai pas vraiment comparé à Benedict Cumberbatch, en fait. Je t'ai comparé à toi-même dans le rôle de Tony Stark. Sherlock et Tony ont en commun une certaine outrance et ce délicieux côté narcissique qui les rend irrésistibles alors même qu'on aurait envie de leur coller des baffes. Or, l'outrance était bien là, mais pas la flamboyance. Je t'ai trouvé fatigué, Robert. Tu n'y croyais pas vraiment, et ton Sherlock n'est qu'un clown triste dont les facéties n'amusent personne et encore moins ce pauvre Jude qui en est la première victime.


Certes, je te concéderai que ce film n'est pas entièrement dépourvu de qualités. Malgré un scénario poussif (carrément dépourvu, pour le coup, des petites touches de génie de Moffat), on a droit à de belles images (la scène de poursuite dans la forêt allemande, le château dans les montagnes suisses), de beaux costumes et une belle brochette de seconds rôles : Rachel McAdams est une Irène Adler tout à fait convaincante, Stephen Fry cabotine à mort dans le rôle du frère de Sherlock (lui, au moins, on a l'impression qu'il est content d'être là, si tu vois ce que je veux dire), et Noomi Rapace laisse tomber Millenium pour s'essayer aux grosses productions hollywoodiennes. (Mal lui en a peut-être pris, vu qu'elle s'est ensuite retrouvée dans Prometheus et qu'il paraît que c'est une daube intersidérale.) Bon, après, Jude Law m'a paru aussi fatigué que toi, mais vu qu'il doit supporter tes pitreries grotesques pendant deux heures, on peut le comprendre. 

Sais-tu le seul mérite que ce Sherlock Holmes 2 trouve à mes yeux ? Comme le premier volet, dans lequel tu jouais au demeurant bien mieux, il explore l'homosexualité latente de Holmes et de Watson. Sont-ils ou sont-ils pas ? Peu importe mais, au moins, la question n'est pas discrètement éludée. On peut même dire que Guy Ritchie y va parfois avec ses gros sabots, comme dans cette scène du train où tu es déguisé en femme et tu te retrouves dans les bras de Jude/Watson qui, à ce moment-là, aurait pourtant préféré consommer sa nuit de noces avec Mary. Et toi qui essaies de lui faire dire, à un moment donné, qu'il est bien mieux là qu'en voyage de noces à Brighton ! On remarquera que Watson, lui, est plus discret, mais certaines de ses réactions permettent de se poser des questions, et c'est tant mieux. Cet aspect-là du film, j'ai bien aimé. (Quoique la fin étant similaire à celle de la saison 2 de Sherlock, je me permettrai de dire ceci : la réaction de Jude Law est bien moins poignante que celle de Martin Freeman. Enough said.)

Bref, Robert, je ne t'en tiens pas rigueur, mais je n'ai pas passé une très bonne soirée et je ne recommande pas ce Sherlock Holmes à mes lecteurs. J'espère que, toi non plus, tu ne m'en voudras pas ! On se donne rendez-vous pour Avengers, histoire de repartir sur de bonnes bases ?


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12 commentaires:

  1. Ah tu me rassures, parce que je ne l'ai pas aimé non plus (enfin, sauf Robert mais ça c'est une autre histoire). L'Amoureux était à fond dedans, mais moi honnêtement j'ai trouvé ça long, fastidieux, avec des scènes de course poursuite interminables (et boudiou, qu'est-ce qu'elle joue mal la bohémienne !). Je me suis carrément endormie, c'est pour dire.

    Un peu déçue mais bon, heureusement Roobeeeeert était là :p

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    1. Lol il en faut pour tous les goûts ! Bisous ma belle :)

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  2. Ben je ne l'ai pas encore vu et ca ne me donne pas envie. Deja que pour le 1er je m'etais endormie lol, bon pas mon genre de film.
    Mon homme et mon fils ont adore eux !!!

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    1. Le mien n'a pas aimé non plus, le fikm a fait l'unanimité dans la maison, lol.

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  3. J'avais eu beaucoup de mal avec le premier opus, du coup j'avais décidé de faire l'impasse... bien m'en a pris, on dirait :)
    Sinon... Toi aussi, tu as vu et revu Kevin Costner en Robin des Bois et en VF ? Dans mes bras !

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  4. Cécile de Brest02 juillet, 2012 10:43

    Comme je suis fan de Robert et de Jude, je vais passer mon chemin. Je ne voudrais pas me fâcher avec eux !

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  5. Hello Isa,
    Alors c'est marrant parce que moi je préfère Robert dans Sherlock que dans Iron Man où je le trouve trop dans le trop justement ;-)
    J'ai vu les deux Sherlock, et je les classe dans les "pas mal" le genre de film que je regarde une fois (et une seule ;-) pour me changer les idées et c'est tout.
    Dans Avengers comme il y a plein de héros, Robert est du coup un peu moins flamboyant par rapport à Iron Man (j'ai trouvé).
    Sinon j'attends avec impatience le prochain Batman, là il va y avoir du scénario ;-)
    Bisous et passe une belle semaine <3

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    1. Oui, c'est rigolo comment les gens perçoivent le même film de bien des façons :) Moi aussi j'ai hâte de voir le prochain Batman, je viens de voir passer une très belle affiche sur Facebook (d'ailleurs, je vais te l'envoyer).

      Bisous et bonne semaine à toi aussi <3

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  6. Je pense tout pareil (et j'ai bien ri, le ton de ta critique est juste parfait) mais bon.... Robert, j'en mangerais à tous les repas donc tout ce que ça m'évoque en conclusion, c'est "Allons vite voir Avengers" (ou comment une barbichette de trois jours et de superbes yeux noisette avilissent mon sens critique).

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    1. Ah mais si les hommes (du moins certains) ne réduisaient pas notre sens critique à néant, notre espèce se serait déjà éteinte depuis longtemps ! ^^ Vive les barbiches de trois jours et les yeux noisette !

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