mercredi 6 juin 2012

Goodbye, House (spoilers)

Voilà, c'est fini. Nous ne verrons plus le docteur le plus désagréable de la télévision exercer son génie au Princeton Plainsboro. Nous n'entendrons plus ses remarques acerbes. Nous ne le verrons plus rendre la vie impossible à Wilson, à Foreman et à ses employés. Surtout, nous ne le verrons plus se détruire et, d'une certaine façon, ça fait du bien. Car, de mon point de vue, cette série n'est jamais que le récit de la longue descente aux enfers d'un homme qui souffre le martyre au quotidien (et je trouve que les 4 ou 5 derniers épisodes, bien que n'étant pas vraiment centrés sur son handicap, illustrent bien ce fait). A un moment donné, il fallait bien que ça s'arrête. (J'en profite au passage pour tirer mon chapeau aux scénaristes. De mon point de vue, il n'y avait que deux fins possibles et satisfaisantes, qu'ils n'ont pas choisies. Du coup, je ne suis pas entièrement convaincue, mais je dis "oui, pourquoi pas".)


D'un point de vue structurel aussi, il était temps que ça s'arrête. Parce qu'il faut bien admettre que les dernières saisons de House étaient vraiment en dent de scie et suivaient un schéma étonnant : début de saison fulgurant et captivant et fin de saison tout aussi accrocheuse. Et entre les deux ? Le désert, l'ennui, la routine. Systématiquement, le chéri et moi, on a décroché en milieu de saison, pour la reprendre une fois que les autres séries en cours étaient terminées. Combien de fois avons-nous failli abandonner pour de bon ! Ce qui a sauvé House, c'était le charisme de Hugh Laurie ou la gentillesse de Robert Sean Leonard, et les quelques traits de génie des scénaristes (attention, si vous n'avez pas vu les dernières saisons, je vous conseille d'arrêter votre lecture ici) :

- d'abord la désintox de House et les premiers épisodes de la saison 6 à l'intérieur de l'hôpital psychiatrique ;
- puis l'histoire d'amour avec Cuddy, qui n'aura vraiment tenu la route, là encore, que quelques épisodes ;
- puis l'emprisonnement de House au démarrage de cette ultime saison. 

Mais, chaque fois qu'ils ont insufflé de la nouveauté dans la série, les scénaristes n'ont pas su la gérer et sont très vite retombés dans le même schéma : un patient malade, une énigme à résoudre et un House qui continue à se détruire. Si cette saison n'avait pas été la dernière, je me serais de toute façon arrêtée.


Cette ultime saison n'a pas échappé à ce schéma. Entre le début dans la prison et les derniers épisodes à propos de Wilson, je me suis vraiment ennuyée (et énervée toute seule) malgré la galerie de nouveaux personnages. (J'aurais aimé voir Park plus longtemps, par contre.) Et j'ai levé les yeux au ciel en apprenant le cancer de Wilson. Pourtant, je m'incline. Je reconnais qu'ils ont très bien traité ce rebondissement que je trouvais artificiel. Parce qu'en parlant de Wilson, ils ont parlé de House. Soyons clairs, je comprends Wilson. Je pense que, moi aussi, à sa place, j'aurais refusé le traitement. Il est mieux placé que personne pour savoir les ravages que son corps va subir s'il fait la chimio. (J'ai lu d'ailleurs récemment un article à propos du nombre de médecins aux États-Unis qui choisissent justement de ne pas se soigner quand ils apprennent qu'ils ont un cancer. C'est assez édifiant.) Mais je comprends aussi la rage de House. Parce que lui, on ne lui a pas laissé le choix. Cuddy, Wilson, Stacy... quand il a eu ce problème à la jambe, ils ont choisi pour lui. Ils ont choisi l'opération qui l'a laissé dans cet état, avec ces muscles qui le font souffrir en permanence et qui l'ont rendu accro à la Vicodine. Lui n'a pas eu le luxe de dire "non, merci". Oui, c'est un salopard égocentrique. Mais il a des raisons de l'être, et ce n'est pas un hasard si tout son entourage supporte ainsi ses caprices. 

Bref, ces derniers épisodes m'ont laissé un goût doux-amer. Je n'ai pas honte de dire que j'ai pleuré, pour Wilson ET pour House, parce qu'ils sont aussi perdus et autant à plaindre l'un que l'autre. Je n'ai pas aimé le format décousu du dernier épisode, pas aussi réussi que le génialissime final de la saison 4, avec Amber et l'accident de bus. Mais j'ai aimé les toutes dernières images, et mon coeur de midinette trouve que Robert Sean Leonard était beau à tomber dans cette dernière scène. ^^ Enfin, et c'est là tout le paradoxe, j'ai le blues que la série s'arrête. Une partie de moi regrette de ne pas avoir abandonné la série en cours de route. Parce que j'aurais choisi le moment où ça s'arrêtait. Alors que là, malgré tous ses défauts, malgré l'ennui et la frustration des dernières saisons, House va me manquer. C'est aussi simple que ça.


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9 commentaires:

  1. Je n'ai jamais accroché a cette série, ni au personnage principal, je n'etais pas le coté froid du dr house, son manque d'empathie pour les autres... ce sont des traits de caractère que je n'aime pas dans la vie donc impossible pour moi de m'attacher...

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    1. Je te comprends. Je me suis attachée à lui parce que je le trouve profondément humain, en réalité, derrière cette façade froide et cynique. Mais je me suis souvent dit que je n'aimerais pas avoir affaire à lui dans la vraie vie !

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  2. Je trouve ton article tellement bien analysé ! Je n'ai pas vu la toute dernière saison apparemment mais ça va tu n'en révèles pas trop, juste assez pour m'intriguer. Par contre vu ce que tu dis je vais pleurer aussi ! C'est vrai que parfois on se dit que c'est toujours un peu pareil, cela dit, une fois par semaine c'est sympa quand même parce qu'il y a toujours un truc qui sauve les épisode : soit un dialogue, une idée, un délire, un personnage, etc. C'est un milieu cloisonné c'est sûr, alors on s'attend à ce que ça s'arrête un jour sous peine de tourner en rond. Mais là du coup il ne me tarde pas de voir la série s'arrêter comme ça !! *larmichette d'avance*
    Bisous

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    1. J'espère que tu viendras me donner ton avis quand tu l'auras vue :)

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  3. J'attends la dernière saison, la fin, snif, Hugh Laurie autant que Dr house vont me manquer. Mais bon y a un début donc il faut bien une fin....Bonne journée.Biz

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    1. Profite bien de la dernière saison, alors :) Bises !

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  4. Je suis en train de la regarder avec le chéri moi aussi, cette dernière saison... tes phrases mystérieuses de début d'article me font peur je dois dire^^ (j'adore Park)

    Je ne me suis jamais ennuyée avec House, car il est un peu comme ce petit diable sur mon épaule qui me soufflerait tout ce que la partie égoïste et insensible de moi rêverait de dire toute la journée^^ Le tout sublimement incarné par Hugh Laurie... comment relâcher l'attention ? ;)

    Hâte de voir la fin de la saison, même si comme toi, je sais qu'il va drôlement me manquer...

    bisous !

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    1. Pour Park, ma remarque vise juste à dire que j'aurais bien continué à suivre son personnage sur d'autres saisons :) Je la trouve très intéressante.

      Tu me diras ce que tu penses de la fin de saison ?

      Bisous !

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  5. Je ne regarde pas trop la télé, mais j'avais vu un ou deux episodes que j'avais bien aimé !

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