lundi 7 mai 2012

Zombies : Tome 0. La mort et le mourant

Je me doutais, en découvrant cette BD dans le colis du 3e swap littéraire, qu'elle me prendrait aux tripes. (Non, il ne s'agit pas d'un mauvais jeu de mots. Quoique...) Je n'aime pas trop les films (ou les livres) de zombies parce que je trouve ça assez dégueu (et que je suis une chochotte, comme je vous le signalais dans ce billet). Mais j'aime les histoires humaines. Peu importe le prétexte : invasion extraterrestre (Torchwood : Les enfants de la Terre), bouleversement climatique (Le jour d'après ; 2012) ou l'humanité qui, du jour au lendemain, ne peut plus mourir (Torchwood : Miracle Day), ce qui est intéressant, dans tous ces postulats, c'est la façon dont l'humanité pourrait réagir à de pareilles catastrophes. Certaines de ces histoires sont de véritables bijoux (Torchwood : Les enfants de la Terre), d'autres sont ratées parce qu'elles se focalisent plus sur l'événement que sur l'humain (Le jour d'après et 2012). 

Ce tome 0 de Zombies se classe pour moi dans la première catégorie, celle des réussites. On y suit les aventures d'un acteur raté, Serge Lapointe, invité d'honneur d'un festival de films de série Z à Saint-Pétersbourg. Il a mal choisi son moment pour venir en Russie, car le pays, comme une grande partie du monde, est la proie d'une mystérieuse épidémie qui transforme les gens en zombies. Très vite, la situation échappe au contrôle des autorités ; s'ensuit alors, pour notre héros et quelques sympathiques seconds rôles, une véritable lutte pour leur survie. Le pitch est classique, mais le récit est très bien mené. 

- J'ai aimé le personnage principal, un loser auquel on ne s'attache pas vraiment, pas tout de suite en tout cas, ce qui permet d'abord de suivre le récit avec plus de curiosité que d'empathie (un bon point, je trouve, dans une situation aussi cauchemardesque). 

- J'ai aimé les couleurs, le filtre plus ou moins sépia qui permet de prendre de la distance avec les horreurs visibles dans les cases. Je n'avais pas aimé, dans Zombie Thérapie, le déluge de cervelle et de tripailles. Là, il y en a aussi, forcément, mais cela m'a moins écœuré, grâce au traitement des couleurs, je pense. 

- J'ai aimé la profonde humanité qui se dégage du récit et l'émotion qui m'a saisie dès la moitié de la BD.

- J'ai aimé refermer la BD en me posant la même question que je me suis posée à la fin de Torchwood : Les enfants de la Terre. Que ferions-nous dans une situation pareille ? Serions-nous lâches ou héroïques ? Quelles responsabilités, quelles décisions, serions-nous prêts à prendre ? (Petit exemple pas trop spoiler : en voyant des VIP embarquer à bord d'un avion parce qu'ils avaient payé leur place, et donc leur survie, à prix d'or, j'avais envie de lever les yeux au ciel et de leur crier : embarquez les enfants, embarquez ceux qui ont une chance de reconstruire, pas des types de 50 ans pleins aux as qui n'assureront pas la survie de l'espèce.)

Une très bonne BD, donc, dont je lirai les suites avec plaisir. Merci mamananonyme pour cette découverte !

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10 commentaires:

  1. Merci pour cette découverte Isa !

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  2. Haaa ça me plaît ! Merci d'en avoir fait un billet, de cette BD !
    Elle a l'air vraiment... brrr ! Je mets dans ma sélection future ;-)

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    1. Hâte de lire ton avis, alors :)

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    2. rrah Isa, j'ai pas encore acheté la BD mais je viens de découvrir une p'tite librairie près de chez moi qui va sans doute se faire un plaisir de me la commander.. why not ! =)

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  3. Oooooh non, pas pour moi, j'ai trop peur du concept zombie XD

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  4. Je comprends, normalement, je ne suis pas fan non plus ! Je crois qu'en film, je ne pourrais pas !

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  5. Alors là pour la peine, je te bats en chochotisme ;-) J'accroche vraiment pas à ce genre d'univers, et paradoxalement, je trouve que dans les BD quand les images sont en noir et blanc ou sépia, l'atmosphère est plus étouffante. J'ai vraiment du mal... Dommage car le thème traité est intéressant même en dehors de la SF : les personnes victimes de catastrophes naturelles (tsunami, tremblements de terre...) ont dû faire face à des situations où justement on se retrouve dans le chaos, seul, sans organisation ou secours, et c'est dans ces moments-là qu'on découvre vraiment qui on est.
    Bisous <3

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    1. Tu as parfaitement raison. Il y avait un très bon épisode de Boston Legal à propos de l'ouragan Katrina, où on t'explique bien à quel point c'était, sur le moment, le chaos et la fin du monde. J'ai été particulièrement marquée par l'anecdote selon laquelle des médecins, pourtant restés sur place pendant l'ouragan, se sont tirés au bout de 48h en comprenant que les secours n'arrivaient pas. Ils ont juste abandonné leurs collègues et leurs malades dans des hôpitaux inondés et privés d'électricité. Et quelque chose me dit que ce n'est pas de la fiction...

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