samedi 14 janvier 2012

Où il est question de cinéma asiatique

Je ne suis pas une passionnée de films asiatiques. Généralement, c'est toujours en râlant et en traînant des pieds que j'accepte d'en voir un. Et pourtant, bien souvent, quelle claque ! A tel point que trois d'entre eux figurent désormais parmi mes films préférés de tous les temps. Ils appartiennent chacun à un registre différent, mais ils se rejoignent tous au niveau de l'émotion qu'ils ont provoquée en moi. 

On commence par l'incroyable, le sublime, le poignant "Hero". Incroyable, parce que nous présenter trois fois la même histoire en changeant de version selon le personnage qui la raconte, tout en réussissant à nous passionner, cela relève quand même du tour de force. Sublime, parce que c'est un film esthétiquement très soigné. Poignant parce que... ah non, ça, je vous laisse le découvrir par vous-même. Je me contenterai de dire que peu d'histoires m'ont autant touchée que celle-ci et que je ne peux pas regarder les quinze dernières minutes sans pleurer à chaudes larmes. 

Il y a deux mille ans, la Chine était divisée en sept royaumes. Chacun d'eux combattait les autres pour obtenir la suprématie, tandis que le peuple endurait la souffrance et la mort.
De ces sept royaumes, Qin était le plus virulent. Le roi de Qin était obsédé par la conquête de la Chine et le désir de devenir son premier Empereur. Les autres royaumes dépêchèrent leurs plus redoutables assassins pour l'éliminer. Le seul nom de trois de ces tueurs suffisait à répandre la terreur : Lame Brisée, Flocon de Neige et Ciel Etoilé.
A quiconque anéantirait ces trois assassins, le roi de Qin promit puissance et fortune.
Pendant dix ans, personne n'y parvint. Lorsque le mystérieux Sans Nom se présenta au palais, avec en sa possession les armes des assassins abattus, le roi fut impatient d'entendre son histoire. Assis à dix pas du monarque, Sans Nom commença alors à la raconter...


Après le film de sabre, on continue avec le polar, et le magistral "Infernal Affairs", qui raconte la lutte sans merci entre deux infiltrés, l'un dans la police et l'autre dans la mafia. Sans cesse sur la corde raide, ils passent tout le film à se courir après tout en essayant de préserver leur peau. Pour ce qui est de leur identité, c'est déjà trop tard, ils se sont perdus en route, quelque part entre l'école de police pour l'un (le pourri) et un rail de cocaïne pour l'autre (le flic sous couverture). Les femmes pourraient incarner une forme de salut, ou en tout cas de rédemption, mais quelle place reste-t-il pour l'amour quand on passe son temps à se demander qui l'on est vraiment ?

Ming est une taupe dans la police de Hong Kong, implantée là par les bons soins du patron de la triade. Yan est un policier infiltré dans la triade depuis dix ans. Son casier judiciaire bien alourdi par les années est là pour témoigner de sa réussite.
Parfaite symétrie des situations et des hommes : Ming et Yan sont également fatigués des rôles que leur font jouer, dans l'ombre, leurs patrons respectifs. Ming rêve de devenir un vrai policier. Yan est las de tuer au nom de la justice et voudrait pouvoir se retirer enfin. 


(Je ne peux pas parler de ce film sans mentionner le remake américain "Les infiltrés". J'ai détesté. Pourtant, il y avait Martin Scorsese derrière la caméra, et une pléiade de grands acteurs devant. Mais la sauce ne prend pas. Le remake n'a pas la subtilité et la force de l'original.)

Enfin, il me reste à vous présenter "Ikigami, préavis de mort". Adapté d'un manga dont vous pouvez lire la critique ici, il s'agit là encore d'un film poignant, et même assez éprouvant d'un point de vue émotionnel. C'est bien simple, j'ai commencé à pleurer au bout de dix minutes et je ne me suis plus arrêtée. (Il n'y a quasiment que les films asiatiques qui me font cet effet-là, quand on regarde bien.) 

Dans un Japon imaginaire, tous les enfants sont vaccinés à leur rentrée à l'école. Un vaccin sur mille contient une micro-capsule ayant pour but de donner la mort entre 18 et 24 ans. Le fonctionnaire Fujimoto a pour mission de délivrer dans sa circonscription l'Ikigami, le préavis de décès qui annonce à la personne qu'il ne lui reste plus que 24 heures à vivre. En suivant de près ou de loin le sort des hommes et des femmes à qui il vient annoncer leur mort, il en vient à se poser des questions sur la légitimité de cette "Loi pour la Prospérité Nationale". 


Certes, ce ne sont pas les films les plus gais de la création. Mais, si je les aime tant, c'est qu'ils dressent tous les trois un portait sans concession de l'âme humaine, sans jamais nous imposer de jugement de valeur. C'est à nous de nous faire notre propre opinion, et c'est en cela sans doute qu'ils sont extrêmement intéressants.
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1 commentaire:

  1. Merci pour ces avis Isabelle! J'avais adoré Internal Affairs, tu m'as donnée envie de le revoir ainsi que de découvrir les 2 autres ;)

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