mercredi 28 décembre 2011

Le docteur, la veuve et la cabine de police bleue

Vous l'aurez peut-être deviné, je viens vous parler de l'épisode spécial Noël de notre série culte, à mon chéri et à moi, j'ai nommé Doctor Who. Je préfère vous prévenir, attention aux spoilers.

Comme le titre en VO (The Doctor, The Widow and the Wardrobe) pouvait le laisser supposer, c'est à un épisode à la Narnia auquel nous avons eu droit cette année. Tout y est, la famille obligée de se réfugier à la campagne parce que c'est la guerre, la grande et mystérieuse demeure victorienne, des enfants trop curieux et un monde parallèle enchanteur, véritable royaume de l'hiver. Autant vous le dire tout de suite, j'ai adoré cette première partie, qui voit l'héroïne, Madge Arwell, secourir notre cher Docteur, suite à quoi ce dernier lui promet d'exaucer l'un de ses vœux. Voilà que la guerre fait d'elle une veuve ; qu'à cela ne tienne, le docteur transforme pour elle la maison dans laquelle elle devait se réfugier avec ses enfants, afin qu'ils passent le meilleur Noël possible en dépit des circonstances. Fauteuils qui dansent dans le salon, chambre remplie de tous les jouets possibles et imaginables (j'ai adoré le passage avec les hamacs), superbe sapin animé, tout y est pour les mettre dans l'ambiance. Il faut dire que Madge n'a rien dit à ses enfants, Lily et Cyril, car elle ne veut pas que Noël soit pour eux associé à la mort de leur père. Les enfants sont donc émerveillés, la maman, elle, a beaucoup de mal, comme on peut s'en douter, surtout face à un Docteur plus excentrique que jamais. 

Si cette première partie m'a enchantée, je me demandais quand même où Steven Moffat, capable du pire (The Wedding of River Song) comme du meilleur (The Empty Child, Blink, Silence in the Library, A Good Man Goes to War et j'en passe) voulait en venir. C'est un épisode de Doctor Who, après tout, il y a forcément un truc qui cloche quelque part. Ce "truc", c'est l'énorme cadeau qui trône au pied du sapin et que Cyril ne peut s'empêcher d'ouvrir en avance. Les enfants sont curieux, c'est bien connu, il n'y a que le Docteur pour l'oublier. Lui avait préparé cette surprise pour le matin de Noël, il comptait emmener ses protégés faire une jolie balade en forêt sur cette planète enneigée, très "narniesque", effectivement. (D'ailleurs, j'ai bien aimé les clins d’œil appuyés à l’œuvre de CS Lewis, notamment au fameux lampadaire que les enfants Pevensie découvrent à leur arrivée à Narnia.) Seulement, voilà, c'était sans compter les humains du futur venus "récolter" la forêt en la faisant fondre à coups de pluies acides. Les arbres ne sont forcément pas d'accord et vont se servir de Cyril, puis de Lily et enfin de leur mère pour sauver leur âme. Au passage, Madge réussira même, en traversant le Vortex du Temps, à sauver son mari et à ramener tout le monde sain et sauf à la maison. 

C'est là que le bât blesse - un peu. Oui, Moffat donne encore dans la facilité, oui, ce miracle de Noël était prévisible, non, ce n'est pas le meilleur épisode de la série. (Le meilleur épisode de Noël étant pour moi Voyage of the Damned, avec David Tennant, the best Doctor ever, et Kylie Minogue.) Mais contrairement à mon chéri, rebaptisé "Vieux râleur grognon" pour l'occasion ^^, je ne boude pas mon plaisir. J'ai bien aimé l'ambiance, j'ai bien aimé le personnage de Madge, cette mère courage, et surtout j'ai bien aimé Matt Smith, toujours aussi maladroit et attendrissant. Moins écorché vif que Eccleston et Tennant (respectivement les neuvième et dixième Docteurs), ce onzième Docteur souffre un peu moins que ses prédécesseurs parce qu'il a trouvé une famille, qu'il s'en va fort logiquement retrouver dans l'épilogue. Et j'aime bien l'idée. Non, Amy et Rory ne peuvent plus être ses compagnons, ils ont trop souffert. Mais ils n'en tiennent pas rigueur à celui qui a si profondément transformé leur vie et qui fait, après tout, littéralement partie de leur famille. J'ai bien aimé parce que, dans le fond, c'est ça, l'esprit de Noël : réunir les gens qui nous sont proches et partager un moment avec eux, quelles que soient les circonstances. "Mr Pond, guess who's coming for dinner?" Bien sûr qu'ils lui avaient gardé une place à table. Ils ne peuvent plus le suivre dans l'espace, mais il aura toujours une place dans leur cœur. Et dans le nôtre.


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